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15 octobre 2011

Patrick Sébastien, si tu pouvais fermer ta gueule

Patrick Sébastien a adopté il y a 3 ans une petite fille polynésienne. Il avait à l'époque 55 ans, âge totalement rédhibitoire pour le commun des mortels pour l'agrément à l'adoption. Mais il faut croire que la richesse et la célébrité offre des passe-droit.
Il a ressorti récemment un texte, un "poème", sur l'adoption, en direct à la télé devant sans doute des millions de personnes.
Attention, ça fait saigner les oreilles...

Il y a sur ce blog où j'ai découvert la chose, un poème, un vrai, qui explique bien pourquoi ce que dit Sébastien est ignoble et stupide.
Mais ce texte m'a tellement hérissé le peu de poil que j'ai que je ne peux m'empêcher d'évacuer ma rage en reprenant les éléments phrase par phrase.

"C’est un enfant-chien,
Un enfant de poubelles,
Un petit presque rien,
Un mauvais coup du ciel,
Il était né là-bas
Loin, dans des pays vieux, enfin,
Presque à deux pas,
Pour un cœur de sept lieues."

D'entrée de jeu, une comparaison animalière péjorative. L'enfant n'est rien, même pas une personne. Juste un hasard du sort, une péripétie arrivée dans un pays arriéré.
A titre d'exemple, personnellement je viens de Corée du Sud, une des plus grandes puissances technologiques actuelles. Et je ne suis pas un mauvais coup du ciel.

"Moi, je me suis battu pour avoir ce mendiant,
J’ai signé des papiers pour qu’il porte mon nom"

Moi je. Egocentrisme en action !
Je suis le chevalier qui sauve la veuve et surtout l'orphelin, j'ai dû franchir moult obstacles pour enlever cet être à sa misère. Cet être qui n'est rien, je vous le rappelle et j'insiste, juste un mendiant. Et c'est ma chose, c'est officiel, j'ai fait les papiers pour.

"Le voilà qui arrive tout tordu, tout tremblant,
C’est un enfant qui nait du ventre d’un avion."

On persiste et signe dans le misérabilisme. Et on ajoute qu'avant ça, il n'a pas eu de vie, puisque sa naissance survient à la sortie de l'avion. Exit son pays, exit ses parents et l'amour qu'ils ont pu lui porter, car ce n'est pas parce qu'on a été abandonné qu'on n'a pas été aimé. Exit les épreuves qu'il a pu endurer.
Et puis c'est vrai, qu'est-ce qu'un abandon et un exil dans la courte vie de cet être ?

"Les vitres d’Orly se sont faites brouillard,
Je pleure pour un petit que je ne connais pas,
Qu’importe sa couleur,
Qu’importe son histoire,
Moi, je m’habituerai à son prénom bizarre…"

On confirme ici la volonté d'ignorer son passé, et on réduit cet enfant à un prénom exotique.
Alors que, finalement, un nom c'est peu de chose, c'est juste que c'est plus joli qu'un numéro.
Rien à foutre de son vécu ou de ses traumatismes.

"Dans quelques mètres à peine,
Il sera dans mes bras,
Ne pas lui dire « Je t’aime »,
Il ne comprendrait pas,
Simplement lui sourire,
Le prendre par la main,
Juste lui demander « Tu n’as pas un peu faim ? »"

Mais bien sûr, l'enfant n'a surtout pas besoin de sentir qu'il est accueilli avec amour. Déjà qu'il débarque dans le total inconnu, faudrait pas lui faire peur avec des sentiments, hein...

"Ca y est.
Il est blotti là
contre mon épaule
Et ses mains me caressent,
Et son cœur cabriole,
Il renverse sa tête pour me regarder mieux,
Dans ses yeux, c’est la fête,
Je sais qu’il est heureux."

Monsieur Sébastien, cet enfant vient de parcourir des milliers de km pour atterrir dans un monde et une culture qui lui sont parfaitement étrangers. Au mieux il a conscience d'arriver dans une nouvelle famille, au pire il se demande juste ce qu'il fout là. Dans ses yeux ne doivent se trouver que fatigue, interrogation ou peur, pas beaucoup de fête.
Si on lui demande sa définition d'être heureux, je doute que ce soit la même que la vôtre.

"Il y a des enfants-chiens
Dans ce monde-poubelle,
Des petits presque-rien,
Des mauvais coups du ciel
Qui n’attendent que toi,
Qui n’attendent que nous,
Pour embrasser nos vies,
Et se pendre à nos cous."

On remet une dernière couche de misérabilisme, et on se pose à nouveau en sauveur, attendu comme le messie par ces enfants.

Et le pire, c'est qu'il est applaudi. Et que certainement plein de gens ont trouvé ça beau et touchant.

J'ai juste trouvé ça gerbant, cette condescendance affichée, cette prétention dans la façon de déclamer ce texte, cette auto-satisfaction visible d'avoir chier sa merde.

Il y a ici une interview datant de 2007 (donc juste après qu'il ait adopté la petite Lilly).
"L'animateur souhaite un changement de la loi en France pour que les femmes stériles, comme son épouse, puissent être prioritaires."
Non mais et puis quoi encore ???
Je rappelle à monsieur Patrick Sébastien que l'adoption internationale doit être le dernier recours pour répondre à l'intérêt supérieur de l'enfant. Que cette adoption n'est là que pour respecter le droit fondamental de l'enfant à avoir des parents *. Et non pour satisfaire des hommes et des femmes en désir d'enfant. Grosse nuance.

Adopter un enfant n'est pas un droit dû aux parents adoptants. Adopter un enfant n'est pas un acte de charité, une action humanitaire, comme le croit monsieur Patrick Sébastien. Cette idée risque de conduire à l'échec. Adopter un enfant, c'est avoir un enfant. Et un enfant qui a déjà un passé, un vécu traumatisant et donc des séquelles avec lesquelles il faudra composer.

Monsieur Patrick Sébastien, si votre vision de l'adoption ne change pas, si elle se limite à ce que vous exprimez ici, je plains votre fille.

* cf. convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.


 

Ce qu'ils en disent

  • oui mais c'est un con et c'est de notoriété publique. Un con friqué, un con avec du pouvoir. A croire que la connerie est indispensable au pouvoir

    Perséphone a osé écrire ça, le 16 octobre 2011 à une heure indue.
  • Je ne regarde pas les émissions de ce type car je ne l'aime pas... il se prend pour le sauveur ma parole ... et là, il me débecte encore plus !!!

    sandy a osé écrire ça, le 26 octobre 2011 à une heure indue.
  • Merci pour ce billet, Kyungjin. Il y avait un moment que je n'étais plus venue, mais je te redécouvre avec plaisir ^^

    Cruchotte a osé écrire ça, le 02 janvier 2012 à une heure indue.
  • heu,

    les rimes sont aussi un peu facile, j'en fait autant!
    Qu'il est con ce type!En tout cas, la démarche de "décortiquer" l'ensemble me plaît!Une question, prénom exotique, Lily?? Il à en plus changé son prénom??? Putains qu'il est con, j'en reviens pas!

    Peter a osé écrire ça, le 23 janvier 2012 à une heure indue.
  • Quand tu adoptes, donner un nouveau prénom est une démarche normale. On ne peut pas lui reprocher ça

    kyungjin a osé écrire ça, le 23 janvier 2012 à une heure indue.
  • enfin

    je suis extremement touché que des gens est encore un une intelligence et puissent faire le tri dans le talent et l'exploitation de la bétise.
    cet etre ingrat n'a rien a faire sur une chaine de television encore moins sur une chaune publique.
    cette homme profite de tous les courants et mode pour se faire valoriser.
    aucun talent . imitateur? quand ou?
    de bon maquilleurs, de bon texyes ecrits par d'autres.
    aucune voix aucune impro.
    thierry le luron ou ees_tu?
    toi tu avait du talent? pas ce clown sans remords pour faire de l'argent.
    oust, balayons ce miserable qui ne merite pas que l'on parle de lui. c'est encore lui faire de la publicité auprès de tous ces imbecile aveugles.

    jl a osé écrire ça, le 16 septembre 2012 à une heure indue.
  • Un peu raccourci comme critique... tout autant caricatural que ce qui est critiqué. La charge principale allant contre la personne (l'auteur) l'objectivité de la critique sur le texte reste à démontrer....

    Pierrot a osé écrire ça, le 09 avril 2017 à une heure indue.

Quelque chose à ajouter ?